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Gjipali : La clôture du chapitre 20 renforce la compétitivité des entreprises albanaises

L’intégration à l’Union européenne peut apporter des avantages directs aux citoyens albanais, et ce, avant même l’adhésion complète : intégration à l’espace SEPA, réduction des frais d’itinérance (roaming) et financement de réformes dans le cadre du « Plan de croissance ».

Gledis Gjipali, directeur exécutif du Mouvement européen en Albanie (EMA), a souligné dans un entretien avec l’agence ATA que le processus d’intégration doit se traduire par des résultats concrets pour l’économie et les citoyens, allant au-delà des simples avancées formelles dans les négociations.

« Le Plan de croissance, par exemple, vise spécifiquement la convergence économique avec l’UE et le financement de réformes, les versements étant conditionnés au respect des engagements pris. De même, l’adhésion à l’espace SEPA ou la mise en place du principe « roam-like-at-home » (itinérance sans frais supplémentaires) — attendue prochainement — sont des processus qui procurent des bénéfices directs aux individus », explique Gjipali.

Selon lui, les avantages à long terme de l’intégration sont liés à la création d’une économie plus productive, à des institutions plus fiables et à une amélioration des services publics. Il note toutefois que ces effets positifs ne sont pas toujours immédiats et que le processus exige des réformes soutenues et durables. À cet égard, la clôture provisoire du chapitre 20, intitulé « Politique d’entreprise et politique industrielle », constitue une étape importante dans la mise en conformité de l’économie albanaise avec les normes européennes.

Gjipali souligne qu’après la clôture de trois chapitres en juillet, ces nouveaux progrès témoignent de la continuité et de la crédibilité du processus de négociation.

« L’enjeu réside dans la préparation de politiques et d’institutions conçues pour soutenir le développement de l’entrepreneuriat et la compétitivité de l’économie », déclare-t-il, tout en précisant que la clôture de ces chapitres est provisoire et que les obligations demeurent en vigueur jusqu’au moment de l’adhésion. Ces chapitres pourraient être rouverts en cas de recul ou si de nouvelles exigences découlant de la législation européenne venaient à apparaître.

L’alignement de la politique industrielle sur les normes européennes devrait faciliter la modernisation des entreprises, en particulier des petites et moyennes entreprises (PME). Cela inclut un soutien à la technologie et à l’innovation, le développement des compétences des salariés, une utilisation plus efficace de l’énergie, ainsi que l’établissement de liens avec des partenaires et des réseaux européens. Selon M. Gjipali, un aspect crucial pour les petites entreprises est l’alignement sur les règles de l’UE concernant les retards de paiement, qui affectent directement leur trésorerie. La mise en œuvre efficace de ces politiques peut aider les entreprises à améliorer la qualité de leurs produits, à réduire leurs coûts et à s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement européennes.

Toutefois, il souligne que « l’adoption d’un cadre juridique ne suffit pas. L’Albanie doit accroître son soutien financier aux entreprises, proposer des services de conseil et renforcer ses institutions. Le degré de préparation des entreprises albanaises à la concurrence sur le marché européen est variable : certaines exportent déjà et collaborent avec des entreprises européennes, tandis que de nombreuses petites entreprises peinent à obtenir les capitaux, les technologies et les financements nécessaires pour s’adapter aux exigences du marché. »

« L’Albanie doit se concentrer sur l’amélioration de la productivité, la formalisation du secteur, l’obtention de financements pour les investissements et la garantie d’une sécurité juridique », estime Gjipali. Selon lui, la compétitivité à long terme exige que les entreprises offrent une plus grande valeur ajoutée grâce à la qualité, à la spécialisation et à l’innovation ; parallèlement, les institutions doivent expliquer aux entrepreneurs les changements induits par ce processus, les coûts d’adaptation, ainsi que les soutiens proposés par l’État et l’Union européenne.

Concernant l’objectif de l’Albanie de conclure les négociations d’adhésion d’ici fin 2027, le directeur exécutif de l’EMA le qualifie d’ambitieux, mais potentiellement réalisable.

Il note que l’ouverture de l’ensemble des chapitres de négociation — ainsi que le lancement du processus de clôture de certains d’entre eux — constituent une base positive ; toutefois, le rythme auquel les négociations seront conclues ne saurait être prédit sur la seule base des progrès accomplis jusqu’à présent.

D’après Gjipali, les principaux défis résident dans la mise en œuvre cohérente des réformes liées à l’État de droit, la lutte contre la corruption, le renforcement des capacités administratives et les investissements dans des secteurs tels que l’environnement, l’agriculture et la sécurité sanitaire des aliments. Il insiste sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets, non seulement sur le plan législatif, mais aussi en matière de soutien financier et institutionnel.

Un autre facteur déterminant demeure la prise de décision par les États membres de l’Union européenne. « Malgré le soutien de la Commission européenne, la décision finale appartient aux États membres de l’UE, qui doivent parvenir à un accord unanime à chaque étape du processus », explique Gjipali.

Selon lui, les avancées dans les négociations ne prennent tout leur sens que lorsqu’elles s’accompagnent de changements qui améliorent l’économie, multiplient les opportunités pour les entreprises et offrent de meilleures perspectives aux citoyens — en particulier aux jeunes — en matière d’emploi et de développement professionnel.

Të ngjashme

RTI