Gogu : La lutte contre la corruption, un test crucial pour le parcours européen de l’Albanie

Le ministre de la Justice, Toni Gogu, a déclaré aujourd’hui que l’Albanie alignera sa législation anticorruption sur les normes de l’Union européenne, tout en proposant trois priorités pour renforcer la coopération régionale dans ce domaine.
Le ministre Gogu a pris part à une session intitulée « La dimension judiciaire de la lutte contre la corruption », organisée dans le cadre du Forum ministériel UE-Balkans occidentaux sur la justice et les affaires intérieures, qui se tient les 5 et 6 novembre à Budva, au Monténégro. Ce forum, qui a lieu chaque année, est dirigé cette fois-ci par la présidence irlandaise du Conseil de l’UE, avec la participation de la Commission européenne.
M. Gogu a souligné que, dans un rapport publié cette semaine, la Commission européenne a reconnu les progrès notables réalisés par l’Albanie dans la lutte contre la corruption. Selon lui, la Commission estime que la SPAK (Structure spécialisée contre la corruption et le crime organisé) continue de faire preuve d’indépendance et d’obtenir des résultats dans la lutte contre la corruption au plus haut niveau.
Toutefois, le ministre a insisté sur le fait qu’il reste du travail à accomplir, notamment en ce qui concerne le renforcement des mesures préventives et le déclenchement plus précoce des enquêtes financières. Il a ajouté que la saisie des avoirs criminels devrait, dans la mesure où la loi et les éléments de preuve le permettent, aboutir à leur confiscation. M. Gogu a précisé que ces constats impliquent également une responsabilité pour le pouvoir exécutif, qui a le devoir d’améliorer les conditions de fonctionnement des institutions indépendantes — en renforçant le cadre juridique, en allouant les ressources nécessaires et en accroissant la capacité de l’administration à signaler les cas de corruption présumés. Il a souligné que la prise de décision concernant des dossiers spécifiques relève des procureurs, qui agissent en toute indépendance.
Le ministre a indiqué que la Stratégie anticorruption 2024-2030 s’attaque aux risques présents dans les secteurs des marchés publics, de la santé et de la fiscalité. Par ailleurs, il a souligné les avancées réalisées dans le cadre des réformes concernant les lanceurs d’alerte, les conflits d’intérêts, le lobbying et le financement de la vie politique. Gogu a souligné que l’Albanie accueille favorablement la directive (UE) 2026/1021 et que, en sa qualité de pays candidat à l’UE, elle alignera sa législation pénale ainsi que son cadre juridique global de lutte contre la corruption sur ce texte. Concernant la coopération régionale, le ministre a proposé trois priorités majeures.
Premièrement, mesurer la mise en œuvre concrète des mesures au moyen d’indicateurs comparables, tels que les délais nécessaires à l’entraide judiciaire ou la durée s’écoulant entre le gel des avoirs et leur confiscation. Selon lui, une première évaluation conjointe pourrait être présentée l’an prochain.
Deuxièmement, approfondir la coopération opérationnelle en réduisant les délais, tout en garantissant le plein respect des garanties procédurales.
Troisièmement, investir dans les ressources humaines, notamment en ce qui concerne les juges, les procureurs, les enquêteurs financiers et les gestionnaires d’avoirs.
En conclusion, Gogu a insisté sur le fait que ces trois priorités reposent, avant tout, sur la garantie de l’indépendance des personnes chargées de mener les enquêtes et de présider les procès.




